1. Introduction :
Le néphroblastome ou tumeur de Wilms est une tumeur maligne embryonnaire du rein.
Il s'agit de la tumeur du rein la plus fréquente chez l'enfant (> 90 %).
Elle représente environ 5 % de l'ensemble des cancers de l'enfant (1/10.000 naissances).
Elle est spécifique de la petite enfance et se rencontre plus fréquemment entre 1 et 5 ans. Le néphroblastome peut se voir dès la naissance mais exceptionnellement après la puberté.
C'est une tumeur très différente des cancers du rein de l'adulte et spécifique de l'enfant.
Elle est rapidement progressive mais a bénéficié d'importants progrès thérapeutiques avec, en moyenne, 90 % de guérison. Ceci est devenu possible grâce à une prise en charge spécialisée.
Le traitement associe chimiothérapie néo-adjuvante puis postopératoire, chirurgie et si nécessaire une radiothérapie.
2 Diagnostic :
Le néphroblastome est une tumeur de la petite enfance, observée le plus souvent entre 1 et 5 ans, 98 % des cas survenant avant l'âge de 7 ans. Il représente 5 % de l'ensemble des cancers de l'enfant soit 1/10.000 naissances et touche aussi bien les garçons que les filles.
Il n'y a pas de cause, ni même de facteur favorisant, clairement identifiés du néphroblastome même si dans un petit nombre de cas (10 %), cette tumeur est associée à un syndrome polymalformatif.
2.1 Découverte d'une masse abdominale
Ce sont, très souvent, les parents ou le médecin, lors d'un examen abdominal systématique, qui suspectent une tumeur abdominale chez l'enfant.
Celle-ci est volumineuse, asymptomatique, rapidement progressive, chez un enfant en excellent état général.
Plus rarement, une fièvre (20 %), des douleurs abdominales (10 %) dues à la distension abdominale ou à une hémorragie intra-tumorale, exceptionnellement les signes d'une rupture ou d'une fissuration tumorale, amènent à consulter.
2.2 Examen clinique
- Prévenir tout traumatisme abdominal susceptible de rompre la tumeur en interdisant des activités à risque (sauts, vélo...).
- Confier dans les meilleurs délais l'enfant à une équipe multidisciplinaire spécialisée. Cette équipe va confirmer par l'imagerie l'existence d'un néphroblastome, pratiquer un bilan biologique, définir les facteurs pronostiques et évaluer l'extension tumorale et mettre en route un traitement adapté.
2.3 Imagerie
2.4 Biologie
Il n'y a pas de signe biologique spécifique du néphroblastome.
2.5 Diagnostic différentiel
3 Extension tumorale et facteurs pronostiques
Afin d'évaluer la sévérité du néphroblastome, l'équipe en charge
de l'enfant va rechercher les éventuelles extensions tumorales puis analyser le tissu tumoral.
3.1 Extension tumorale
Le néphroblastome est rarement métastatique d'emblée.
Les métastases, lorsqu'elles existent peuvent être multifocales. Elles peuvent concerner les poumons (90 %), le foie (15 %), l'abdomen (5,5 %), l'os (3 %), les ganglions (4 %) et le cerveau.
3.2 Facteurs histo-pronostiques
Etablir un pronostic va dépendre du contexte clinique, du compte-rendu opératoire et des résultats de l'anatomo-pathologie.
4 Prise en charge thérapeutique
4.1 Chimiothérapie initiale
4.2 Chirurgie
La néphrectomie est le temps essentiel du traitement.
On recherche enfin d'éventuelles métastases péritonéales, hépatiques ou sur le rein controlatéral.
4.3 Radiothérapie
Le néphroblastome est une tumeur très radiosensible et radiocurable à des doses relativement faibles.
Le rachis est systématiquement irradié de manière symétrique, sur toute sa largeur, pour limiter le risque de scoliose.
4.4 Chimiothérapie postopératoire
Une chimiothérapie postopératoire sera envisagée s'il y a une suspicion de persistance d'un résidu tumoral local, la certitude de l'existence d'une métastase ou la présence d'une histologie défavorable.
En conclusion, la progression remarquable des taux de guérison, obtenue ces 40 dernières années (de 20 à plus de 90 %), a été le fruit des progrès de la chirurgie, en association à la radiothérapie et à la chimiothérapie.
Ceci est un exemple de l'intérêt d'une prise en charge thérapeutique spécialisée et multidisciplinaire des cancers d'une part, et des études coopératives réalisées pour démontrer ces faits d'autre part.
5 Guérison et suivi
Les années suivantes, le suivi aura pour objectif la recherche de séquelles éventuelles : insuffisance rénale (surtout lors d'une néphrectomie partielle et/ou d'une irradiation du rein controlatéral, et d'utilisation de sels de platine), insuffisance cardiaque (après utilisation d'adriamycine), troubles de l'audition (après utilisation de sels de platine) et plus tard chez le garçon, troubles de la fertilité (après utilisation d'ifosfamide).
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